Le billet d’Hornet Energies

Le billet d’Hornet Energies

Concentrons-nous sur le présent et regardons vers l’avenir !

Beaucoup de choses ont été dites ou écrites au sujet du projet d’amendement du gouvernement prévoyant une révision rétroactive des tarifs d’achat de l’électricité produite avant 2011 par une certaine typologie de centrales photovoltaïques. Nous souscrivons à la majorité des commentaires qui alertent sur les conséquences désastreuses de cette renégociation si elle venait à être définitivement actée. Cette remise en cause des engagements publics contractuels et de la parole de l’Etat serait de nature à profondément entamer la confiance de certains acteurs clés dans la filière, notamment celle des investisseurs et banques.

Cependant, nous souhaitons ajouter deux éléments à cette réflexion. Si ces tarifs ont objectivement permis d’atteindre des rentabilités supérieures aux niveaux actuels, il convient de souligner l’impact positif qu’a eu cette période à plusieurs égards. Autrement dit, nous estimons que le photovoltaïque en France ne serait pas là où il en est aujourd’hui sans la période 2007 – 2011.

• Premièrement, à l’issue de cet épisode d’emballement de la filière photovoltaïque, le mécanisme de soutien a été refondu avec notamment l’introduction des appels d’offre qui permettent une auto-régulation du système et l’atteinte d’un juste niveau de rémunération des investisseurs.

• Deuxièmement, une filière s’est structurée avec l’essor du photovoltaïque : développeurs, installateurs, financeurs, conseils… qui, ayant surmonté les conséquences du moratoire, sont les acteurs actuels sur lesquels le gouvernement peut s’appuyer pour décliner ses objectifs ambitieux de développement.

• Enfin, toute industrie bénéficie d’une courbe d’apprentissage et de rationalisation progressive de ses coûts. C’est cette phase de développement, d’innovation puis d’industrialisation, nécessairement coûteuse, qui lui permet d’atteindre la compétitivité. Cela a concerné toutes les formes d’énergies qu’elles soient renouvelables ou conventionnelles et notamment nucléaire, mais aussi l’ensemble des secteurs comme la santé par exemple. Cela ne saurait être blâmé inutilement a posteriori. Toute proportion gardée, nous sommes heureux de pouvoir disposer de médicaments génériques ou encore que l’industrie pharmaceutique continue de dépenser pour la recherche de nouveaux traitements et personne ne revient sur le prix qu’a pratiqué tel ou tel laboratoire lors de la sortie d’un nouveau médicament.

Nous considérons qu’il vaut mieux consacrer toute notre énergie pour préparer l’avenir plutôt que de chercher à refaire le passé. Les sujets concernant l’avenir sont nombreux, l’énergie à y consacrer considérable.

Parmi ces sujets, les raisons du faible développement sur le créneau 100 à 500 kWc sont connues et la réponse proposée par le gouvernement en élargissant l’application de l’arrêté tarifaire jusqu’à 500 kWc est pertinente. En revanche, son annonce date maintenant d’un an (salon de l’agriculture 2019) et n’a pour l’instant pas été suivie d’effet, laissant la profession avancer dans l’inconnu.

Aujourd’hui, alors que la filière a clairement démontré son sens des responsabilités et son professionnalisme, il est important de se concentrer sur les décisions de court terme qui constitueront le socle de demain.

Alors, forts de nos expériences, agissons dès maintenant et nous atteindrons nos objectifs !